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Tag - prospection

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Ca vient de tomber : le slash dans l'écriture classique « humain/non-humain » n'est plus. Mais pourquoi fallait-il encore l'attendre ?

Il y a tout juste six ans, c'était Paul Crutzen et ses collègues nous annonçaient la levée de la frontière séparant nature et culture :

"The Anthropocene represents a new phase in the history of both humankind and of the Earth, when natural forces and human forces became intertwined, so that the fate of one determines the fate of the other. Geologically, this is a remarkable episode in the history of this planet."

Bien sûr, nombre d'auteurs en avaient déjà parlé et parmi eux Philippe Descola. On aurait pu croire qu'après Par-delà nature et culture, nous aurions trouvé les arguments qui dévalueraient définitivement ce gabarit classique, sans avoir besoin d'attendre la voie de la science « dure » pour enfin se mettre au travail et reconnaître la cruelle transition de phase que la levée de cette limite théorique allait intimer au système Terre et, par conséquent, à nous humains.

Tout se passe comme si le fait d'avoir construit des limites théoriques radicales (avec les dualismes), nous faisait maintenant buter sur des limites tout aussi radicales mais cette fois-ci bel et bien physiques et dénommées « limites planétaires » !

Et tandis que certains encaissent encore le choc, voilà qu'un second pilier de notre intellection occidentale vient de tomber : j'ai nommé le dualisme humain/non-humain.

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L'épuisement du visible (texte de l'épreuve de confirmation doctorale, 24 juin 2014)

J'avais promis de partager davantage de documents, voici un nouveau texte. Il s'agit du discours prononcé lors de ma confirmation doctorale, le 24 juin 2014 à La Cambre. Les moments qui l'ont précédée ont été d'une rare intensité, tout occupés par une décomposition complète de ce qui fait (est) une exposition.

Doctorants en Art et sciences de l'art, je n'allais pas me soumettre à l'exercice classique de soutenance, assis gentiment face à mon jury, dans un lieu exigu en lisant religieusement un discours soigneusement préparé. Non, il s'agissait ici d'un événement en trois temps, comme trois étapes, signifiés par une occupation particulière de l'espace. Le public pénétrait au 11ème étage de 427 Avenue Louise, à l'atelier de photographie. Dans un couloir en forme de « L », j'articulais les travaux de mes débuts. Le public était ensuite invité à s'asseoir, pour écouter une présentation d'environ 45 minutes. J'y faisais état de toute une série de postulats, de résultats et d'une impasse pratique, de laquelle je me suis sorti en acquérant un recul théorique. Je crois que c'est véritablement à ce moment là que j'ai compris ce qui liait intimement pratique et théorie.

Cette présentation était le « pont conceptuel » nécessaire pour atteindre le dernier volume de l'atelier, soigneusement fermé au public par une cordelette. Les jalons théoriques ainsi posés, nous pouvions apprécier les derniers développement de mes recherches plastiques, informées, bien évidemment, par mes recherches théoriques. Il s'agissait là de ma série Hraun, que vous pouvez apprécier sur mon site web.

Voici donc ce court texte, quelque peu revisité pour trouver une forme hybride entre pure expression orale et expression écrite.

07-l_epuisement_du_visible.pdf

Devenir-imperceptible en système paysager (résumé)

En vue de la prochaine présentation d'un essai, je me suis livré à l'exercice délicat de résumer mes recherches. Le titre actuel est Devenir-imperceptible en système paysager et repose sur un axiome simple :

Le paysage n'est pas le monde vu mais une construction culturelle de ce monde.[1]

S'il est une construction culturelle, alors le paysage est un objet culturel au mode d'existence particulier. Mais quel est-il ? Le paysage existe-t-il de notre fait ? Ou bien produit-il des effets qui nous traversent ? En corollaire, allons-nous vers lui ou bien fond-il sur nous ?

04-devenir-imperceptible-en-systeme-paysager-resume.pdf

Note

[1] Denis Cosgrove, Social Formation and Symbolic Landscape, New Jersey, 1983, p. 13.

Prospection, sérendipité et écriture en art

Pour ce deuxième billet, après avoir située ma recherche et avant d'importants nouveaux développements et divulgations, je voudrais publier un court texte que j'ai écrit pour le catalogue d'une exposition à venir.

Cette exposition est une première. Les doctorants en Art et sciences de l'art ont pris l'initiative de la mettre en place. Exposer l'instantané d'une recherche, ni œuvre, ni prototype, ni archive. Ce matériau a un autre mode d'existence.

02-prospection-serendipite-ecriture-en-art.pdf